Portraits de spectateurs

spectateurs assis dans une salle de cinéma en noir et blanc
Info | Par J. DURAND

“Je suis venu par hasard, je suis resté pour le film”


Histoires de spectateurs au Festival des Films de Plein Air

Il y a ceux qui viennent chaque été, couverture sous le bras, repèrent à l’avance la programmation, s’installent toujours à la même place. Et puis, il y a les autres : ceux qui passent par hasard, qui n’avaient rien prévu, qui tombent sur un écran géant entre deux statues du Parc Monceau… et qui ne repartent plus.


Ce sont ces spectateurs inattendus, curieux, parfois novices en cinéma d’auteur, qui nous rappellent pourquoi ce festival existe.


Une femme qui rentrait du travail, un ado en skate, un couple de touristes, un retraité du quartier. Ils n’avaient pas prévu de voir un film de Chris Marker ou de Djibril Diop Mambéty. Et pourtant, ils se sont installés, ont écouté, regardé, ressenti. Souvent, à la fin, ils demandent : “C’était quoi, ce film ?” – avec cette étincelle dans les yeux qui dit : je ne m’attendais pas à ça.


Car le cinéma en plein air, c’est aussi ça : l’irruption d’un récit dans le réel, une projection qui devient rencontre. Ce qui fait la beauté d’un festival gratuit à Paris, c’est qu’il permet la surprise. Il offre une porte d’entrée vers un cinéma indépendant, exigeant parfois, mais profondément humain.


Quand un film s’invite dans le quotidien d’un passant, quand une fiction change la soirée d’un inconnu, alors le pari est réussi. On ne cherche pas à “former” un public, on cherche à lui faire confiance. À créer un espace où le cinéma ne juge pas, ne contraint pas, mais propose.


Alors, si vous aussi vous êtes venu “par hasard”, restez. Installez-vous.

Ce n’est peut-être pas le film que vous aviez prévu de voir, mais c’est peut-être celui que vous aviez besoin de vivre.